Par le Dr Jorge Palazuelos, chef de l'unité d'hémodynamique de l'UICAR
Les maladies des valves cardiaques constituent un problème croissant, en particulier chez les populations vieillissantes. Sa prévalence varie en fonction de la valve affectée et de la cause de la maladie. L'atteinte valvulaire peut se manifester par une sténose (problèmes d'ouverture) et/ou une insuffisance (problèmes de fermeture)
Les facteurs de risque qui prédisposent à son altération sont : l’âge avancé (principale cause de dégénérescence valvulaire), les maladies congénitales (comme la valve aortique bicuspide) ; le rhumatisme articulaire aigu (particulièrement important dans les pays en développement) et l’hypertension et les maladies cardiovasculaires, qui contribuent à l’insuffisance mitrale et aortique.
La maladie valvulaire la plus courante est la sténose aortique. Sous sa forme dégénérative secondaire au vieillissement et à la présence de facteurs de risque cardiovasculaire (tels que l'hypertension artérielle, le diabète sucré, l'hypercholestérolémie, etc.), elle touche 2 à 7 % des personnes de plus de 65 ans et jusqu'à 12 % de celles de plus de 75 ans. Sa forme congénitale (valve bicuspide) est estimée présente chez 1 à 2 % de la population. Cela prédispose à un risque plus élevé de sténose à un âge précoce.
L’insuffisance mitrale est la maladie valvulaire la plus courante chez l’adulte. Sa prévalence est de 2 à 3 % dans la population générale et augmente avec l’âge (6 à 9 % chez les plus de 65 ans).
Avec le vieillissement de la population, la prévalence de la sténose aortique et de la régurgitation mitrale devrait augmenter considérablement.
D’autres maladies valvulaires sont l’insuffisance aortique (qui touche 0.5 à 2 % de la population et est liée à la dilatation aortique, aux maladies du tissu conjonctif et au rhumatisme articulaire aigu) ; La sténose mitrale (1 à 2 % de la population adulte, principalement d'origine rhumatismale, reste fréquente dans les pays en développement). Les maladies des valves tricuspides et pulmonaires sont moins courantes, bien qu'une régurgitation tricuspide importante puisse affecter jusqu'à 1.5 % de la population de plus de 70 ans.
Prothèses valvulaires cardiaques percutanées (plus connues sous leur acronyme anglais) TAVI/TAVR) ont révolutionné le traitement des maladies valvulaires, en particulier chez les patients à haut risque chirurgical. Actuellement, l’approche percutanée des pathologies valvulaires est la première option pour la majorité des patients. Cependant, la meilleure option pour chaque cas doit être évaluée individuellement.
Ses principaux avantages comprennent :
1. Moins invasifs : ils sont implantés par cathétérisme, évitant ainsi une chirurgie à cœur ouvert.
2. Récupération plus rapide : Moins de temps d’hospitalisation et retour plus rapide à la vie quotidienne.
3. Risque réduit de complications chirurgicales : réduit la mortalité et les complications telles que les infections, l’insuffisance cardiaque postopératoire, l’accident vasculaire cérébral ou l’insuffisance rénale.
4. Alternative pour les patients inopérables : Bénéficie aux personnes présentant un risque chirurgical élevé ou une contre-indication à la chirurgie.
5. Résultats comparables à la chirurgie : Dans certains groupes de patients, les résultats en termes d’amélioration clinique et de survie sont équivalents ou supérieurs à la chirurgie conventionnelle.
6. Moins besoin d’anesthésie générale : Dans de nombreux cas, une anesthésie locale ou une sédation est utilisée, réduisant ainsi les risques chez les patients fragiles.
Les valves percutanées sont idéales pour :
1. Patients présentant un risque chirurgical élevé ou prohibitif : personnes atteintes d’une maladie cardiaque avancée, d’un âge avancé (> 75-80 ans) ou de comorbidités (BPCO, insuffisance rénale, fragilité) qui rendent la chirurgie à cœur ouvert difficile.
2. Sténose aortique symptomatique sévère : en particulier chez les personnes souffrant de dyspnée, d’angine de poitrine ou de syncope qui ne peuvent pas subir une chirurgie de remplacement valvulaire conventionnelle.
3. Patients préalablement traités avec des valves biologiques chirurgicales détériorées : il peut être utilisé pour une chirurgie « valve-in-valve », évitant une seconde intervention chez les patients déjà porteurs d’une valve bioprothétique.
4. Cas sélectionnés à faible risque, car des études récentes suggèrent que ces patients peuvent également bénéficier d’une intervention chirurgicale, car il n’y a pas de différences significatives.
Autre aspect
Un autre aspect important pour les patients est qu’en plus d’être des procédures sûres et efficaces, moins invasives que la chirurgie conventionnelle, leur récupération après la procédure TAVI/TAVR est beaucoup plus rapide qu’avec la chirurgie conventionnelle :
• Durée d’hospitalisation : Généralement 2 à 3 jours (contre 7 à 10 jours en chirurgie ouverte).
• Mobilisation précoce : les patients peuvent marcher le jour même ou le lendemain.
• Douleur et inconfort minimes : le sternum n’est pas ouvert, ce qui réduit la douleur postopératoire.
• Retour aux activités normales : En 1 à 2 semaines, selon l’état général du patient.
• Médicaments postopératoires : Généralement un traitement anticoagulant ou antiplaquettaire pour prévenir la formation de caillots sanguins.




